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Les outils de la réadaptation psychosociale
Des outils, qui n'en a pas besoin ? Que ce soit le linguiste et son dictionnaire, l'ébéniste et son marteau ou le fleuriste et son hygromètre, tous se servent d'un instrument de travail dans leur contexte professionnel. Il en va de même dans le domaine de la réadaptation psychosociale et du rétablissement.
Bien sûr, il n'est pas toujours palpitant de lire sur le marteau, par exemple. Mais qui sait si en donnant une chance au sujet, on ne découvrira pas de nouvelles manières de faire, de nouveaux concepts, de nouvelles applications ? Pour ce faire, vous trouverez dans ce numéro une multitude d'outils parfois décrits brièvement, parfois avec bien des détails, plus théoriquement par des chercheurs ou de façon plus pratique d'un point de vue clinique. La liste n'est pas exhaustive, mais elle a été centrée sur des critères qui soutiennent le processus de rétablissement des personnes vivant avec un problème de santé mentale.
L'objectif de ce numéro est donc de rendre disponible l'expertise relative aux outils dans l'évaluation des besoins de réadaptation et leur incidence sur le rétablissement des personnes. Nous espérons que vous pourrez découvrir la plusvalue des mécanismes d'évaluation présentés afin de mieux comprendre les besoins des personnes, de réfléchir aux pratiques de réadaptation psychosociale de votre milieu, de prendre en compte votre responsabilité, votre contribution à la réadaptation et au rétablissement.
Nous souhaitions, avec ce numéro, rendre en quelque sorte hommage au rôle qu'ont joué les personnes vivant ou ayant vécu avec un trouble mental dans la structuration des services de santé mentale. Sans doute, cet objectif est-il atteint en partie seulement, car beaucoup reste à dire, mais ce numéro du partenaire aura certainement contribué à coucher sur papier l'histoire de leur voix au Québec.
De surcroît, vous prendrez connaissance à l'intérieur de certains textes de l'apport des étudiants à la conception et au recensement des outils de réadaptation psychosociale. Non seulement les outils permettent-ils d'unir les milieux de la recherche et de la pratique, mais ils mettent en valeur le travail d'une toute nouvelle génération de chercheurs et de praticiens.
Qu'ils viennent de la recherche ou de la pratique, les outils de la réadaptation psychosociale sont là pour vous inspirer et vous soutenir dans l'exercice de vos fonctions. Nous croyons que ce numéro du partenaire y contribuera.
Bonne lecture !
Line Leclerc,
Coéditrice
Auteur
Noémie Charles, M. Serv. soc., travailleuse sociale, spécialiste en activités cliniques, Centre du Florès - Programme clientèle en santé mentale, personne utilisatrice de services
Résumé
Notre chronique du franc-tireur présente le billet de Noémie Charles, Le rétablissement en santé mentale : quand on travaille... même du chapeau !
Auteur
Marc Corbière, professeur agrégé, École de réadaptation, Université de Sherbrooke
Résumé
L'utilisation des outils de mesure en milieu clinique est devenue une activité essentielle pour une évaluation rigoureuse et précise des clients. Cet article répond aux questions suivantes : quelle est la pertinence des outils de mesure dans ce milieu ? ; existe-t-il divers types d'outils ou modes d'évaluation ? ; quelles questions préliminaires l'intervenant doit-il se poser avant d'y avoir recours ? ; quelles sont les réticences associées à ces instruments de mesure et comment y pallier ? ; quelle est leur plus-value pour le personnel ? Les réponses permettront de démystifier le monde des outils de mesure en milieu clinique.
Auteurs
Par Sylvie Paquette, étudiante à la maîtrise professionnelle en ergothérapie, École de réadaptation, Université de Montréal; Catherine Briand, professeure au programme d'ergothérapie, École de réadaptation, Université de Montréal; chercheuse, Centre de recherche Fernand-Seguin
Résumé
Au cours des vingt dernières années, le rétablissement est devenu le paradigme dominant dans plusieurs pays occidentaux en ce qui a trait à la prestation de services de santé mentale de qualité (Adams et coll. 2006). Ce paradigme met entre autres en évidence l'importance de baser les interventions sur les forces, les ressources et les objectifs de la personne pour qu'elle puisse davantage s'autodéterminer et reprendre du pouvoir sur sa vie. En raison de cette nouvelle orientation, une étudiante s'est interrogée sur le choix des outils de mesure utilisés en réadaptation et sur leur lien avec les principes du rétablissement. Son projet consistait à répertorier ces outils et à identifier ceux qui correspondaient à ces principes afin de susciter une prise de conscience par rapport à ce qui est employé comme instruments de mesure. Les témoignages de certains utilisateurs de services et d'intervenants aident à approfondir cette réflexion.
Auteur
Marc Corbière, professeur agrégé, École de réadaptation, Université de Sherbrooke
Résumé
Le questionnaire OITES (Obstacles à l'insertion au travail et sentiment d'efficacité pour les surmonter) a été conçu et validé auprès de personnes aux prises avec un trouble mental en processus d'insertion au travail. L'OITES peut être employé par des intervenants en santé mentale et permet d'évaluer de façon systématique et rigoureuse les obstacles potentiels à l'insertion socioprofessionnelle de la personne avec un trouble mental ainsi que son sentiment d'efficacité pour les surmonter. Dans cet article, il s'agit de décrire les tenants et les aboutissants de ce questionnaire et de mettre en relief les avantages de son utilisation auprès des personnes ayant un trouble mental.
Auteurs
Huguette Gravel et France Bernier, éducatrices spécialisées et membres de l'équipe du Centre de traitement et de réadaptation de Nemours, volet « Suivi dans la communauté »
Résumé
Témoignage expérientiel et personnel de deux intervenantes pivots du Centre de traitement et de réadaptation de Nemours utilisant l'outil d'intervention « Maître d'oeuvre de mon projet de vie ».
Auteurs
Tania Lecomte, Ph. D.; professeure agrégée, Département de psychologie, Université de Montréal; chercheuse, Centre de recherche Fernand-Seguin; Geneviève Bourdeau, candidate au Ph. D., Département de psychologie, Université de Montréal; Claude Leclerc, Ph. D.; R. N.; professeur titulaire, Département des sciences infirmières, Université du Québec à Trois-Rivières
Résumé
Malgré l'existence de plusieurs interventions basées sur des données probantes, il arrive que des besoins ou des buts ressortent, entraînant chez l'intervenant un questionnement face à la mise sur pied d'une nouvelle intervention. Il devient alors important de bien savoir comment on conçoit cette dernière, afin de non seulement éviter certaines erreurs, mais aussi d'assurer qu'elle aide vraiment la clientèle visée. Cet article facilite la compréhension de la démarche de développement et de validation d'une nouvelle intervention psychosociale. Il présente les neuf étapes du processus et les illustre par un exemple provenant de l'expérience de recherche des auteurs.
Auteur
Daniel Latulippe, directeur général, Réseau Alternatif et Communautaire des Organismes en santé mentale de l'île de Montréal
Résumé
Notre chronique Nous avons lu... présente les commentaires de Daniel Latulippe sur le livre Du trouble mental à l'incapacité au travail : une perspective transdisciplinaire qui vise à mieux saisir cette problématique et à offrir des pistes d'intervention, ouvrage édité sous la direction de Marc Corbière et de Marie-Josée Durand, et publié aux Presses de l'Université du Québec.
La contribution des personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale au développement et à l'organisation des services : regards croisés et perspectives
Ce numéro se veut un regard. Regard sur la contribution des personnes qui vivent, ou ont vécu, avec un trouble de santé mentale au développement des services qui leur sont aujourd'hui offerts. Mais avant même que ne se concrétise cet apport, une voix a dû émerger. Du cri solitaire de la période asilaire, en passant par le « je » qui se raconte entre pairs, à celui - courageux - qui témoigne devant autrui de son vécu, la parole devient depuis peu « expert » et pose les bases du dialogue avec les acteurs touchés.
Au Québec, l'histoire de la contribution des personnes vivant ou ayant vécu avec un trouble mental à l'évolution des services est intimement liée aux regroupements (défense des droits, centres de crise, groupes d'entraide) qui se sont fait longtemps leur porte-parole. Cette parution met donc en lumière le rôle de tous et de chacun à la mise en place des changements dans cette organisation de services. De ce passé, que l'on mettra aussi en parallèle avec les mouvements américains et canadiens anglais, on se tourne vers l'avenir. Un avenir qui se conjugue au présent, et dont l'enjeu principal repose, selon certains, sur la collaboration entre les différents acteurs, alors que pour d'autres, de réelles améliorations ne sauraient survenir sans un projet unificateur alternatif et contestataire. Ces visions sont-elles réconciliables ? L'avenir nous le dira.
Le ministère de la Santé et des Services sociaux a énoncé, dans son Plan d'action en santé mentale 2005-2010 - La force des liens, sa volonté de « favoriser la participation des personnes utilisatrices de services et de leurs proches dans les structures de décision ». Ce numéro fait état d'initiatives (par exemple, le Cadre de partenariat pour la mise en place des Rencontres régionales de personnes utilisatrices de services de santé mentale) et d'études en cours qui répondent à cette volonté du Ministère ou qui font l'évaluation de cette participation. À ce titre, nous vous invitons à prendre connaissance du projet d'étude La voix et les savoirs des personnes avec une expérience vécue des problèmes de santé mentale dans le comité « aviseur » du Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance. Les chercheurs posent une hypothèse fort intéressante : « la capacité des usagers à faire valoir leur voix et leurs savoirs d'expérience dépend de la position que les autres acteurs adoptent à leur égard et des rapports qu'ils nouent avec eux ». Des résultats à suivre !
Nous souhaitions, avec ce numéro, rendre en quelque sorte hommage au rôle qu'ont joué les personnes vivant ou ayant vécu avec un trouble mental dans la structuration des services de santé mentale. Sans doute, cet objectif est-il atteint en partie seulement, car beaucoup reste à dire, mais ce numéro du partenaire aura certainement contribué à coucher sur papier l'histoire de leur voix au Québec.
Bonne lecture !
Esther Samson,
Éditrice
Auteur
Christine Gourgue
Toujours active à démystifier la folie et à défendre les droits première personne psychiatrisée à siéger au conseil d'administration du centre hospitalier Robert-Giffard (1982-1984), à celui de l'Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ) (1983-1991), au Comité de santé mentale du Québec (CSMQ) (1983-1986) et à l'Association mondiale pour la réadaptation psychosociale (AMRP) (1991-1996) ; conférencière à l'échelle nationale et internationale ; réalisatrice de la vidéo Les gens qui doutent (1984)
Résumé
Notre chronique du franc-tireur présente le billet de Christine Gourgue, De l'asile à l'ailleurs en passant par l'autre... ment.
Auteur
Michèle Clément, Ph. D., chercheure, Centre de santé et de services sociaux de la Vieille-Capitale, Centre affilié universitaire
Résumé
Cet article porte sur la relation qui lie les personnes utilisatrices des services de santé mentale au système de soins. À cette fin, quelques « repères » sont proposés en tenant compte de ce qu'est un « mouvement social », c'est-à-dire une mobilisation collective autour d'une cause à défendre, d'une action protestataire ou d'un projet de société alternatif. L'hypothèse de travail avancée est que la « parole » des personnes utilisatrices nous situe au coeur du projet et des causes défendues par le mouvement des usagers, mais aussi du raisonnement qui oriente les actions posées par ces derniers. L'article montre qu'il est possible d'établir une certaine correspondance entre différents moments de l'organisation des services et les rapports variés à la parole (forme et contenu) des usagers à travers le temps.
Auteurs
Jean Gagné, professeur, UER SHLC, TÉLUQ Montréal, et Baptiste Godrie, doctorant en sociologie et agent de recherche, CRÉMIS, CSSS-CAU Jeanne-Mance
Résumé
Le projet de recherche que nous présentons dans cet article porte sur l'expérience de la participation des personnes utilisatrices des services de santé mentale dans un CSSS de Montréal. Nous voulons documenter cette pratique recommandée par le ministère québécois de la Santé et des Services sociaux pour l'implantation de son Plan d'action en santé mentale (2005-2010) qui ne précisait ni la manière de faire ni les conditions de succès. Notre devis prévoit identifier les dispositifs formels d'accessibilité qu'a néanmoins mis en place ce CSSS pour soutenir cette participation. Ensuite, nous comptons décrire les dispositions subjectives d'ouverture et de reconnaissance mutuelle des différents partenaires que nous aurons pu observer. Enfin - et principalement -, nous rendrons compte de l'effet des avis émis par les personnes utilisatrices sur la planification concrète des services du réseau local de santé mentale, selon les témoignages de divers participants à l'exercice.
Auteur
Paul Morin, Ph. D., professeur agrégé, Département de service social, Université de Sherbrooke
Résumé
Ce texte a pour objet de cerner l'influence des personnes usagères des services de santé mentale au Québec, quant à l'organisation des services qui leur sont destinés, pour la période qui s'étend des années 1970 aux années 1990. Nous posons comme hypothèse de travail que la voix collective des personnes usagères au Québec a eu un parcours singulier si on l'observe en parallèle avec le mouvement aux États-Unis et au Canada anglais. Ce parcours s'est en effet inscrit au sein des ressources alternatives et des groupes de promotion et de défense des droits, dans le cadre d'une alliance avec des personnes non usagères. Il a alors eu une incidence sur la façon dont s'est développée l'influence des personnes usagères sur l'organisation des services de santé mentale. Trois domaines d'intervention nous sont apparus comme devant être privilégiés pour établir des liens, explicites et implicites, entre les critiques, les analyses et les revendications des personnes usagères : l'entraide, la défense des droits et l'intervention en situation de crise au moment de la création des centres de crise. Le renforcement de la défense des droits à la suite de la Politique de santé mentale conjugué à la croissance soutenue des ressources alternatives et communautaires a ainsi contribué à une plus grande prise de parole des personnes usagères d'où, notamment, la reconnaissance par le ministère de la Santé et des Services sociaux de l'appropriation du pouvoir comme principe général de la transformation des services de santé mentale en 1998. La scène était prête pour la prochaine décennie et pour de nouvelles expressions et activités des personnes usagères.
Auteurs
Sylvain d'Auteuil, directeur des Porte-Voix du Rétablissement, pair-organisateur communautaire pour le projet Chez Soi, membre du Comité Citoyen de l'ARUCI-SMC et auteur Véronique Bizier, professionnelle de recherche usagère, cofondatrice et présidente des Porte-Voix du Rétablissement, membre du comité d'éthique de la recherche du Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard (CRULRG) et de l'ARUCI-SMC Canada-Brésil
Résumé
Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec énonce des priorités visant à inclure le mouvement des usagers des services de santé mentale dans la planification et l'organisation des services. Certains gestionnaires institutionnels ouvrent la porte et invitent à leur table les utilisateurs de leurs services. Des personnes vivant un trouble mental créent des organismes autogérés pour défendre leurs intérêts et offrir eux-mêmes des services. Des organismes communautaires tentent de parrainer l'épanouissement du mouvement usager qui se concrétise, lentement et pas si sûrement. Les acteurs de ce mouvement avancent-ils d'une seule voix? Dans quelle direction celui-ci va-t-il? Quelle incidence a-t-il et aura-t-il? Pour améliorer vitesse, cohésion, vision et effet, le mot clé exploré dans ce texte, c'est la collaboration...
Auteurs
Doris Provencher, directrice générale, AGIDD-SMQ, et Louise Dallaire, chargée de projet, AGIDD-SMQ
Résumé
La participation des personnes vivant un problème de santé mentale aux décisions qui les touchent est un défi de taille tant pour ces dernières que pour les structures du réseau de la santé et des services sociaux qui les accueillent. Heureusement, ce défi est en train d'être relevé au Québec. Portrait d'une expérience novatrice de participation citoyenne.
Auteur
Jean-Nicolas Ouellet, personne utilisatrice de services de santé mentale, coordonnateur, Centre d'activités pour le maintien de l'équilibre émotionnel de Montréal-Nord (CAMÉE), codirecteur, Alliance de recherche universités-communautés internationale en santé mentale et citoyenneté (ARUCI-SMC)
Résumé
La prise de parole des personnes usagères des services publics de santé mentale est un phénomène relativement récent. Tout a commencé par un cri d'indignation, un appel à l'aide, en passant par le silence puis par l'appropriation de la parole pour la défense de leurs droits. Dans un texte d'opinion, Jean-Nicolas Ouellet nous explique le parcours des personnes usagères à travers leur parole et leur dénomination.
Auteurs
Marie Gagné, chargée de projet formation sur le rétablissement, Association québécoise pour la réadaptation psychosociale (AQRP), et Huguette Savard, coordonnatrice clinique, Centre de crise de Québec, et formatrice, AQRP
Résumé
Notre chronique Nous avons lu pour vous... présente les commentaires de Marie Gagné et Huguette Gravel sur le livre Hébergement, logement et rétablissement en santé mentale : Pourquoi et comment faire évoluer les pratiques ? sous la direction de Jean-François Pelletier, Myra Piat, Sonia Côté et Henri Dorvil, publié aux Presses de l'Université du Québec.
Éthique et pratiques en santé mentale
Éthique et pratiques en santé mentale. Déjà, le titre de ce numéro porte à la réflexion, au questionnement. D'aucuns pourraient se demander pourquoi un numéro sur l'éthique. En effet, pour plusieurs, l'éthique réfère à des questions complexes, voire existentielles, de l'ordre de l'euthanasie ou du dépistage prénatal. Pourtant, dans leur pratique en santé mentale, maints intervenants et cliniciens font face à des problèmes et à des dilemmes éthiques. Savoir les reconnaître est une première étape essentielle. Il importe aussi de se doter - individuellement et comme organisation - de repères, de guides et d'outils à la réflexion qui conduiront à la prise de décision de même qu'à l'acquisition d'une attitude éthique portée ultimement par tous les acteurs engagés dans le processus de soins ou de réadaptation. Ce numéro permet de faire la lumière sur ces enjeux, d'y réfléchir, afin, en définitive, d'être un levier pour l'amélioration des services offerts aux personnes qui vivent avec un trouble mental.
Cette parution traite aussi de la détresse éthique, un concept qui renvoie au sentiment de désarroi qui naît chez le personnel - tel l'intervenant ou le clinicien - ayant à accomplir des tâches émotionnellement exigeantes et dont l'environnement de travail entre en conflit avec ses valeurs ou sa conscience professionnelle. Avoir le sentiment profond de ne pas répondre adéquatement aux besoins de ceux que l'on accompagne peut être souffrant et engendrer des stratégies de protection à long terme, allant de l'hyperactivité professionnelle au désengagement. Fort heureusement, l'auteur propose des pistes de solutions pour prévenir la souffrance éthique, pistes que je vous laisse le plaisir de découvrir à la lecture.
Par ailleurs, la notion d'éthique est abordée d'une manière toute personnelle dans un texte basé sur le savoir expérientiel d'une personne vivant avec un trouble mental. Les interrogations de celle-ci nous conduisent à d'autres pistes : la répartition territoriale des services offerts aux personnes aux prises avec un trouble mental est-elle éthique ? ; comment situer l'éthique dans le contexte d'hospitalisation où contraintes physiques ou médicamenteuses et isolement font parfois partie de la réalité ?
Bref, un numéro riche en réflexion qui se termine par la présentation des résultats du sondage mené auprès des participants du XVe Colloque de l'AQRP sur leurs perceptions vis-à-vis des personnes ayant reçu un diagnostic de trouble mental. Des constats très intéressants s'en dégagent, illustrant bien quels visages la stigmatisation peut prendre. La chronique Nous avons vu pour vous... clôt ce numéro où l'on vous présente les commentaires d'une paire aidante et de deux gestionnaires sur le DVD Du fou au collègue de travail : l'embauche de pairs aidants dans les services de santé mentale.
Bonne lecture !
Esther Samson,
Éditrice
Auteur
Line Leblanc, Ph. D., professeure, Département de psychoéducation et de psychologie, responsable, Programme de maîtrise en psychoéducation, Université du Québec en Outaouais
Résumé
La qualité des services offerts aux personnes aux prises avec des troubles mentaux est un objectif qui fait consensus. Il est bien connu que l'atteinte de cet objectif passe nécessairement par l'acquisition et le maintien des compétences professionnelles. Toutefois, les moyens pour y arriver sont difficiles à cerner et à mettre à place. C'est ici que l'éthique peut être utile en donnant des lignes directrices qui orientent la pratique vers le mieux pour la clientèle. Le lien entre éthique et compétences s'actualise par une remise en question individuelle et organisationnelle, une centration sur les meilleures pratiques et l'adhésion à des principes qui guident les décisions et les actions. Les arguments qui étayent ce postulat ainsi que les outils qui permettent d'intégrer l'éthique dans la pratique seront présentés.
Auteurs
Jocelyne Saint-Arnaud, Ph. D. (phi.), professeure titulaire retraitée, professeure associée, faculté des sciences infirmières, et chercheure, Centre de recherche en éthique, Université de Montréal; présidente, Comité d'éthique clinique, Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, et Renée Dallaire, inf., M. Éd. (psychopédagogie)
Résumé
À l'aide d'un cas-type, sont présentés des repères pour l'analyse et la résolution des problèmes et des dilemmes éthiques en réadaptation psycho-sociale dans le domaine de la santé mentale. Ces repères proviennent des théories éthiques pertinentes à l'intervention de soin et d'une approche bioéthique par principes (respect de l'autonomie, bienfaisance, équité et caring) De ces principes, ne peuvent être déduites des solutions valides a priori pour tous les cas, ce qui dispenserait les intervenants d'analyser chaque situation problématique pour elle-même. Au contraire, les repères apportés doivent être interprétés à la lumière des circonstances propres à chaque cas dans le cadre d'une pratique réflexive et responsable.
Auteur
Joscelyne Thibault, personne en rétablissement
Résumé
Par ce texte, je vous présente mon regard personnel et critique sur l'éthique, par le biais de mon cheminement tout aussi personnel, dans les méandres de la santé mentale.
Auteurs
Didier Caenepeel, Ph. D., est professeur adjoint de théologie morale et de bioéthique à la faculté de théologie du Collège universitaire dominicain d'Ottawa et membre du CÉC-IUSMQ en tant qu'expert en éthique. Bernard Keating, Ph. D., est professeur titulaire d'éthique et de bioéthique à la faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval et membre du même CÉC en tant qu'expert en éthique. La docteure Marie-Luce Quintal, M.D., est psychiatre à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec et présidente du CÉC.
Résumé
L'article présente, avec un regard rétrospectif, l'expérience du Comité d'éthique clinique de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec (CÉC-IUSMQ). Il vise à montrer comment une attention au caractère particulier de la mission et des valeurs de l'institution dans le domaine de la santé mentale conduit à repenser la manière de concevoir l'éthique clinique et son implantation pratique. La réflexion se déploie en trois volets : le premier dresse un portrait sommaire des comités d'éthique clinique et de leur mandat puis l'orientation et la démarche que le CÉC-IUSMQ a choisi de développer pour réaliser ce mandat, notamment en ce qui concerne le soutien de la réflexion éthique auprès des équipes de soins. Le deuxième volet aborde le processus de révision du code d'éthique et l'impact du modèle du rétablissement sur celui-ci. Le nouveau code se fonde sur des convictions fondamentales propres au rétablissement (CROIRE), valorise des attitudes inspirées de ces croyances (FAIRE) et rallie les personnes autour d'objectifs communs (VISER). Le troisième précise le maillage particulier de l'éthique et du rétablissement au sein du CÉC-IUSMQ, mettant en jeu une éthique décentralisée et visant la responsabilisation et l'appropriation de la réflexion éthique par l'ensemble des personnes concernées.
Auteur
Michel Vézina, médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive, conseiller en santé psychologique au travail, Institut national de santé publique du Québec
Résumé
La détresse éthique se caractérise par un ressenti douloureux qui survient lorsque le travailleur se trouve confronté à l'impossible arbitrage entre d'une part ce que sa conscience professionnelle lui dicte de faire en fonction des exigences de la situation et, d'autre part, ce que les ressources dont il dispose lui permettent de faire. Face à cet état de souffrance, les personnes se défendent en mettant en place des stratégies pour se protéger contre cette atteinte à leur identité et à leur santé mentale. Ces stratégies, telles l'hyperactivité professionnelle ou le désengagement, peuvent avoir des effets pervers importants, que ce soit en termes d'épuisement professionnel ou de désolidarisation. Pour prévenir la souffrance éthique chez le personnel soignant, il est important de miser sur des interventions visant à favoriser un plus grand soutien et un meilleur esprit d'équipe au travail, une participation accrue des travailleurs à la prise de décisions qui les concernent, de même que l'utilisation et le développement de leurs habiletés et de leurs compétences.
Résultats du sondage sur la stigmatisation mené lors du XVe Colloque de l'Association québécoise pour la réadaptation psychosociale (AQRP) - novembre 2010
Auteurs
Esther Samson, coordonnatrice du XVe Colloque, éditrice de la revue le partenaire, AQRP, Marc Corbière, professeur agrégé, Université de Sherbrooke, chercheur, CAPRIT (boursier du FRSQ), et Jean-François Pelletier, professeur-chercheur adjoint, Centre de recherche Fernand-Seguin, Université de Montréal, Visiting Assistant Professor, Yale University
Résumé
En novembre 2010, l'AQRP tenait son XVe Colloque, Vaincre la stigmatisation, un enjeu collectif !, lequel a réuni plus de 800 participants issus des secteurs communautaire et public de la santé mentale (personnes utilisatrices de services en santé mentale, intervenants, chercheurs, gestionnaires, etc.). Au cours de l'événement, un sondage portant sur les attitudes et les préjugés à l'égard des personnes ayant reçu un diagnostic de trouble mental a été mené auprès des participants. En clôture du colloque, certaines questions du sondage ont fait l'objet d'un débat animé et les résultats s'y rapportant ont été sommairement présentés. Ce texte expose les résultats quantitatifs de l'ensemble des questions du sondage.
Auteurs
Anne-Marie Benoit, paire aidante première cohorte, CSSS de la Vieille-Capitale
Daniel Corbeil, directeur général adjoint, CSSS de Laval, et Benoît Tétreault, directeur de la santé mentale adulte, CSSS de Laval
Résumé
Cette chronique Nous avons vu pour vous... présente dans un premier texte les commentaires d'une paire aidante et dans un second ceux de deux gestionnaires sur le récent DVD Du fou au collègue de travail : l'embauche de pairs aidants dans les services de santé mentale, un documentaire qui met en lumière le rôle unique du pair aidant au sein des équipes en santé mentale.
Santé mentale et santé physique : deux composantes indissociables au rétablissement et au mieux-être
Vous avez déjà entendu parler de taux de rechute? De séjours répétés à l'’hôpital ? De fidélité au traitement ? Sans aucun doute ! C’est un peu en contrepoids à ces propos plutôt déprimants que nous vous présentons un numéro portant sur le mieux-être, en mettant l’accent sur la santé (ses déterminants, ses indicateurs) et les saines habitudes de vie à adopter pour favoriser le rétablissement des personnes aux prises avec des troubles mentaux et pour améliorer la santé mentale de chacun d’entre nous. On le comprend à la lecture des textes qui suivent, la santé physique est un enjeu particulièrement important pour les personnes vivant avec un trouble mental, de par leur condition mais aussi en raison des conséquences du traitement pharmacologique (on n’a qu’à penser à l’obésité par exemple).
Le présent numéro regroupe des auteurs de différents horizons. Le premier texte, de Liane Comeau et de ses collaboratrices, conseillères scientifiques à l’INSPQ1, porte sur la promotion de la santé mentale et la prévention des troubles mentaux. Les trois textes suivants traitent de santé physique et du syndrome métabolique, en lien dans chaque cas avec la présentation d’un programme original visant à accroître la santé globale (physique et mentale) de l’individu. Ainsi, Annick Simard, diététiste à l‘IUSMQ2, nous entretient du Service Action Santé, le docteur Christian L. Shriqui du programme Mieux-Être « Wellness » et France Demers, pharmacienne, ainsi qu’Audrey Meloche, infirmière clinicienne, du programme de la Clinique Notre-Dame des Victoires.
À partir de son propre vécu, Marc Boutin nous parle ensuite de mieux-être, en nous livrant sa vision des facteurs multiples ayant contribué à son rétablissement.
Par ailleurs, ce numéro illustre des exemples de pratiques liées au mieux-être qui se distinguent par leur aspect novateur. On y aborde la gestion autonome des médicaments, dans un texte de Lourdes Rodriguez, Ph. D., et de Pierrette Richard, directrice de Prise II; la présence attentive, dans un écrit de Claude Fournier, M.D.; la gestion de l’énergie sous la plume de France Desjardins, éducatrice physique à l’IUSMQ. Brigitte Soucy, du Pavois, et Myreille St-Onge, Ph. D., traitent des groupes d’entendeurs de voix, alors qu’Annie Fraser, directrice générale, et Marja Murray, agente d’intégration socioprofessionnelle au SAIME3, nous décrivent en quoi l’équitation thérapeutique a pu favoriser le mieux-être des participants à un programme mis en place dans leur ressource.
Par ailleurs, le docteur Michel Gervais, médecin psychiatre et conseiller médical à la Direction de la santé mentale du ministère de la Santé et des Services sociaux, commente un rapport déposé récemment par le Royal College of Psychiatrists (Royaume-Uni) qui soutient que la santé mentale doit être un objectif de santé publique. En terminant, notre chronique Nous avons lu pour vous… permet à Chantale Lachance et à son psychiatre, le docteur Paul Jacques de l’IUSMQ, de nous partager leurs réflexions sur une brochure intitulée La médication et vous : tirez le maximum de vos rendez-vous chez le psychiatre.
Pour commencer, laissons la place à notre franc-tireur, Jean-Nicolas Ouellet, qui nous conduit à réfléchir aux mots, qui parfois font peur…
1 Institut national de santé publique du Québec.
2 Institut universitaire en santé mentale de Québec.
3 Service alternatif d’intégration et de maintien en emploi, Rimouski.
Auteurs
Liane Comeau, Julie Denoncourt et Nicole Desjardins, conseillères scientifiques à l'Institut national de santé publique du Québec.
Résumé
Les experts internationaux dans le domaine de la santé mentale s'entendent de plus en plus sur la nécessité de déployer des interventions de promotion de la santé mentale et de prévention des troubles mentaux afin d'intervenir avant l'apparition des problèmes ainsi que pour favoriser une santé mentale optimale chez les gens atteints de troubles mentaux. L'article expose les principaux éléments d'un modèle conceptuel de promotion et de prévention en matière de santé mentale proposé par l'Institut national de santé publique du Québec dans un avis scientifique produit en 2008. Des exemples d'application du modèle sont fournis à titre illustratif ainsi que des constats quant aux types d'interventions et avenues de recherche à privilégier. Enfin, des pistes de réflexion sont soumises aux intervenants.
Auteur
Christian L. Shriqui, M.D., M. Sc., LMCC, CSPQ, FRCPC, DFAPA, médecin-psychiatre, responsable-concepteur, Programme Mieux-Être « Wellness », professeur agrégé, Département de psychiatrie et neurosciences, Université Laval, CHUQ-CHUL © Dr Christian Shriqui, tous droits réservés, janvier 2011.
Résumé
L'article fera état de quelques principes andragogiques pertinents pour l’'accroissement des compétences. Nous résumerons les attitudes, les connaissances et les habiletés minimales requises de la part des intervenants. Nous discuterons des retombées de ces compétences dans les étapes de sélection et de formation du personnel. Un éventail des méthodes d'apprentissage et des mesures de soutien qui facilitent le développement professionnel des intervenants et l'actualisation des pratiques souhaitées sera présenté. Nous exposerons brièvement les caractéristiques d'un leadership apte à actualiser la vision d'un système de services axé sur le rétablissement ainsi que les stratégies menant au succès de tels programmes. Enfin, question de s'inspirer !, quelques éléments de perspective d'avenir s'ajouteront.
Auteurs
Marie-France Demers, pharmacienne, et Audrey Meloche, infirmière clinicienne, Révision : Hélène Viau, travailleuse sociale retraitée Clinique Notre-Dame des Victoires, Institut universitaire en santé mentale de Québec.
Résumé
À travers l'histoire de David, cet article traite des différents types d'interventions, dont un algorithme de suivi, offertes aux personnes souffrant de psychose pour lesquelles le traitement pharmacologique peut entraîner un gain de poids et des perturbations métaboliques. Cet article souligne l'importance de sensibiliser ces personnes et leurs
familles aux perturbations métaboliques et indique les différents moyens pour les éviter ou en diminuer les impacts. Ces pistes d'interventions novatrices facilitent et encouragent l'engagement de la personne sur la voie de son rétablissement dans une perspective de santé globale.
Auteur
Marc Boutin, utilisateur de services en santé mentale.
Résumé
Un utilisateur de services doit avoir recours à toute une panoplie de moyens de rétablissement. Plusieurs facteurs ont contribué au mien : la consultation psychiatrique qui a conduit à la médication, le soutien des proches, un bon environnement physique et social, la psychothérapie, le traitement en ergothérapie, les activités subventionnées de réinsertion sociale, la formation pair aidant, la spiritualité.
Auteur
Claude Fournier, M.D., médecin-conseil dans le service de prévention, promotion de la santé physique et psychosociale de la Direction de santé publique et de l'évaluation de Chaudière-Appalaches.
Résumé
Après avoir campé l'évidence scientifique concernant les résultats des interventions fondées sur la présence attentive auprès de la clientèle atteinte de troubles anxieux et dépressifs, nous avons brièvement illustré comment ces interventions peuvent aussi rendre service tant aux professionnels qu'au système de santé. Nous les avons ensuite situées dans l'environnement d'une médecine intégrée facilitant la guérison et avons fourni un aperçu de ce en quoi consistent quelques-unes d'entre elles.
La présence attentive et le rétablissement partagent certains thèmes. Nous avons suggéré comment la pratique de la première pourrait soutenir le deuxième. À cet effet, nous avons notamment retenu l'acceptation, l'espoir et la compassion envers soi comme éléments contributifs.
Auteur
France Desjardins, éducatrice physique, B. Sc. en activité physique, Institut universitaire en santé mentale de Québec.
Résumé
Lorsqu'un problème de santé important survient, la qualité de vie est affectée. L'énergie vitale est atteinte et diminue rapidement. Il existe différentes manières de la reconstruire. Je propose de se réapproprier son corps et ses capacités par l'entremise de l'activité physique. En effectuant une gestion adaptée à la capacité d'énergie toujours en évolution, il est possible de reprendre le pouvoir temporairement perdu et de se recréer une vie dynamique, active et équilibrée. L'apprentissage à faire est la gestion de l'énergie disponible.
Auteurs
Brigitte Soucy, B. Éd., agente de développement, Le Pavois, et Myreille St-Onge, Ph. D., psychologue et professeure, École de service social, Université Laval.
Cet article décrit brièvement le programme « Mieux vivre avec les voix » offert au Pavois pour les personnes qui entendent des voix dérangeantes. Plus particulièrement nous traitons des postulats à la base des interventions de groupe et individuelles qui s'appuient sur le rétablissement et le modèle axé sur les forces. Le fait d'entendre des voix est un sujet tabou; les rencontres de groupe permettent aux participants de diminuer les stigmates qui y sont reliés et d'expérimenter des stratégies pour composer avec leurs voix. L'intervention individuelle quant à elle permet d'accompagner chaque personne dans l'actualisation d'un projet de vie significatif et dans l'exploration de moyens pour mieux vivre avec les voix. Que ce soit en groupe ou individuellement, les personnes sont amenées à valider, invalider ou remettre elles-mêmes en question les suggestions, les conseils, les ordres, les menaces ou autres commentaires que les voix leur dictent.
Auteurs
Annie Fraser, directrice générale, et Marja Murray, agente d'intégration socioprofessionnelle, Service alternatif d'intégration et de maintien en emploi (SAIME)
Résumé
Le « big-bang » de deux cultures - la médicale et la communautaire - donne naissance à un nouveau projet novateur, le PARS (Programme alternatif de réadaptation socioprofessionnelle). Ce programme utilise la démarche socioprofessionnelle comme levier pour le rétablissement de la personne vivant avec un problème sévère de santé mentale et amalgame ateliers d'éducation psychosociale, plateau de travail et équitation thérapeutique. Dans la première partie de l'article, nous décrivons le programme, pour ensuite traiter des témoignages et des résultats observés en lien avec le mieux-être des participants.
Auteurs
Royal College of Psychiatrists (UK)
Dr Michel Gervais
Résumé
Le 26 octobre 2010, le Royal College of Psychiatrists (UK) déposait un énoncé de position No health without public mental health: the case for action* (Sans la santé mentale publique, point de santé : les raisons pour agir) qui soutient que la santé mentale doit être un objectif de santé publique en raison, d'une part, des effets significatifs de la maladie mentale sur la santé physique des gens ciblés, mais aussi, d'autre part, de l'importance d'avoir des objectifs de santé publique pour travailler en amont des maladies mentales. Un exposé sommaire** en a été tiré, dont l'essentiel est présenté dans ce texte. Un commentaire du Dr Michel Gervais, médecin psychiatre et conseiller médical à la Direction de la santé mentale du ministère de la Santé et des Services sociaux, s'ensuit. Ce dernier, avec son regard d'administrateur public, nous propose une réflexion personnelle.
* www.rcpsych.ac.uk/pdf/Position%20Statement%204%20website.pdf
** www.rcpsych.ac.uk/pdf/Position%20Statement%204%20website.pdf
Auteurs
Paul Jacques, psychiatre, Institut universitaire en santé mentale de Québec, Chantale Lachance, personne utilisatrice de services en santé mentale.
Résumé
Cette chronique Nous avons lu pour vous... présente les commentaires de Chantale Lachance et de son psychiatre, le docteur Paul Jacques de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, sur une brochure inspirée d'un article de Patricia Deegan : La médication et vous : tirez le maximum de vos rendez-vous chez le psychiatre. Cette brochure, conçue sous forme d'outil pratique pour la personne qui utilise des services en santé mentale, expose une série de questions à se poser et de suggestions de stratégies en lien avec sa prise de médicaments et sa préparation à une rencontre avec un psychiatre. On peut télécharger la brochure au www.aqrp-sm.org/partenaire/publications/articles/La-medication-et-vous.pdf.